II
Album Français


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Noten-Gesamtausgabe: Kritische Ausgabe der Fondazione Rossini (--> CIAO, University of Chicago Press)
Musica completa: edizione critica della Fondazione Rossini



1. Toast pour le nouvel an (Ottettino)

En ce jour si doux
Tous au rendez-vous,
Nouvel an, sois fêté par nous;
Des plaisirs, des chansons,
Des cadeaux, des bonbons,
Accourez filles et garçons.
L’amitié, le tendre amour tour à tour,
Fêteront de ce beau jour le retour;
Aux repas joyeux,
Jeunes curs, vins vieux,
N’est-ce pas le bonheur des cieux?

Compagnons, à longs traits buvons,
Compagnons, épuisons les flacons, trinquons.

O Vierge mère,
Sois nous prospère,
Garde sur terre
Nos fils bénis.

En ce jour si doux....
...le bonheur des cieux?

Tra, la, la, la, la, la,
Que le champagne écumant,
Pétillant mousse,
Tra, la, la, la, la, la,
Le vrai bonheur il est là.

O Vierge,
Tra, la, la, la, la, la,
L’heure qui vient fuit déjà,
Passons-la douce,
Tra, la, la, la, la, la,
Oui, le bonheur il est là.

En ce jour si doux....
...le bonheur des cieux?

Compagnons, sans façons,
Arrachons les bouchons,
A nos amis buvons, trinquons,
Epuisons les flacons,
Festoyons et trinquons:
Au novel an, buvons, trinquons.

(Émilien Pacini?)


2. Roméo

Juliette, chère idole,
ton silence me désole,
sur tes lèvres la parole
suit ton âme qui s’envole;
ne peut-elle plus m’entendre.

Ombre chère daigne attendre,
sous la pierre notre cendre
froide ensemble doit descendre;
mort cruelle viens me prendre
car le jour est un fléau,
plus d’espoir pour Roméo,
non, non, non!

Dieu, pitié pour ma souffrance,
ah! je n’ai qu’une espérance:
la rejoindre au fond du tombeau.
L’adorer c’était ma vie,
à ma flamme elle est ravie;
dans la tombe objet d’envie
ja l’aurai bientôt suivie.

Ô divine Juliette,
âme éteinte, voix muette,
où sont-ils ces jours de fête
où le chant de la fauvette
s’éveillait sous la fenêtre
avec l’aube près de naître?

Ton amant voyait paraître
dans l’azur de tes beaux yeux
un rayon venu des cieux.

Juliette, chère idole,
ton silence me désole,
sur tes lèvres la parole
suit ton âme qui s’envole;
ne peut-elle plus m’entendre. etc.

Ô divine Juliette,
âme éteinte, voix muette,
entends-tu mes cris, mes pleurs?
Dieu d’amour, Dieu de justice
à mes vux, ah! sois propice,
mets un terme à mon supplice:
que le mort nous réunisse
dans l’extase ou les douleurs, etc.

Ô mort cruelle, viens me prendre,
viens, delivre Roméo;
et toi, chère ombre, daigne attendre,
je te suis dans le tombeau.

(Émilien Pacini?)



3. La grande coquette (Ariette Pompadour)

La perle des coquettes
Ne fait que des conquêtes
Dans ses riches toilettes
Aux Menuets de Cour.

Pour moi tournent les têtes,
Les curs sont pris d’amour,
Et je crois même qu’un beau jour
J’ait fait trembler Pompadour!

Dans une belle ivresse
Plus d’un marquis s’empresse
Àm’offrir sa tendresse...
Je les dédaigne tous.

En vain chacun m’implore,
Me jure qu’il m’adore à genoux...
Je veux que l’on m’admire,
Pour moi que l’on soupire;
De l’amour que j’inspire,
De ce brûlant délire
Moi je ne sais que rire.
Ma foi! tant pis pour eux!
Malheur aux amoureux!

La perle des coquettes...
...J’ait fait trembler Pompadour!

A plus d’une rivale
Je fus souvent fatale;
Ma grâce triomphale
A séduit maint galant,
Coquette sans égale,
Qu’on n’aime qu’en tremblant.

On pleure, on se désole
Aux pieds de son idole vainement,
Avec indifférence
J’aime à voir la souffrance
D’un cur sans espérance,
En proie à la démence
Implorant ma clémence,
Mais sans me désarmer...

Non, je ne veux jamais aimer.
Brillants Seigneurs, muguets de Cour,
Pour vous jamais d’amour.
Et si vous me faites la cour,
N’espérez nul retour.
Pour vous jamais d’amour!

(Émilien Pacini)


4. Un sou. Complainte à deux voix.

Pitié pour la misère
D’un fils et d’un vieux père.
L’ombre éteint leur paupiere
Et nous errons, hélas,
Sans savoir où.
Donnez-nous un sou.
Privés de la lumière,
Ah! donnez-leur un sou.

Chrétiens, mes bonnes âmes,
Faites la charité.
Passants, messieurs, mesdames,
Voyez leur pauvreté,
Chrétiens par charité,
Voyez leur pauvreté.

Pour nous jamais l’aurore
N’allume son flambeau.
Le jour qui vient d’éclore,
C’est la nuit du tombeau.
Pour nous c’est le tombeau.
Un sou, un sou, un sou.

Pitié pour la misère...
...Ah! donnez-leur un sou.

Vous qui de la nature
Admirez la parure,
Savez-vous ce qu’endure
L’aveugle ayant bien faim?
La mort serait moins dure
Que cette nuit sans fin.
Mon père se désole,
Sa plainte me rend fou.
Pour nous la moindre obole
Serait l’or du Pérou.
Un sou, un sou, un sou.

Pitié pour la misère...
...Ah! donnez-leur un sou.

Un seul ami fidèle
Jadis guidait nos pas.
Ma voix en vain l’appelle!
Médor n’est plus, hélas.
Du chien qu’ici je pleure,
Achetez le licou!
C’est notre dernière heure,
Je vous le vends un sou.

(Émilien Deschamps)



5. Chanson de Zora. La petite bohémienne.

Gens de la plaine ou de l'âpre montagne,
je ne sais pas d’où je viens, où je vais.
je trouve, hélas, même en votre Bretagne,
le temps, la route et le sort mauvais.

Mais il faut vous plaire,
Gagner mon salaire,
et Zora sourira,
Dansera, chantera.

Au bourg j’arrive, on y fait grandes noces.
Comme ils sont beaux les jouyeux mariés!
Pour eux trop d’or et rubis et carosses,
mais moi je marche nu-tête et nu-pieds.

Mais je prends courage,
j’ai cœur à l’ouvrage.
et Zora sourira,
Dansera, chantera.

Chaque journée humble vie est la mienne;
j’entends crier: „allons, allons, tourne à tous vents,
amuse-nous, chante er ris, Bohémienne“,
Quand pleurer seule est si doux bien souvent.

Mais j’ai Dieu pour père,
et Dieu me dit: „Espère“.
Oui Zora sourira,
Dansera, chantera.

(Emile Deschamps)



6. La nuit de Noël

Vecchio
Calme et sans voile
descend la nuit,
Suivons l’étoile
qui nous conduit.

Là dans la créche
fils du Seigneur,
sur l’herbe fraîche
dort le Sauveur.

Otto pastori
Humble pâtres des montagnes,
descendons dans ces campagnes,
nos enfants et nos compagnes,
venez tous, adoremus!

Le Rois Magnes sont venus
Rendre hommage à Jésus.
Jour prospère pour nous tous !

En prière, à genoux!
Cet infant dans l’humble crèche,
Endormi sur l’herbe fraîche,
C’est Jésus, adoremus !

Vecchio
Ô peuple admire ce Dieu mortel.

Pastori
Le zéphire qui soupire
Semble dire un chant du ciel.
Brûlons la myrrhe comme à l’autel.
Les Rois Mages sont venus...
...En prière, à genoux!

Tutti
Devant Dieu prosternons-nous!
Peuple et Mages à genoux
Devant Dieu prosternez-vous!

(Émilien Pacini?)



7. Le Dodo des enfants

Mon fils, rose éphémère,
Endors ta plainte amère.
Sur le sein de ta mère,
La mort fuit loin de toi.

Pitié, Dieu tutélaire,
Sauvez mon fils, laissez-le moi;
Pitié pour lui, pour moi,
Dors, dors, dors.

Mon Dieu, que rien n’éveille
Ma crainte et ses douleurs,
Pour lui la vie en fleurs,
Pour moi tous les malheurs.

Mon fils sommeille:
Sous mes baisers plus de douleurs,
Dors mon enfant, sèche tes pleurs.

Mon bel enfant sommeille
Jusqu’à l’aube vermeille,
Tandis qu’à ton oreille
Mon chant cache mes pleurs.

(Émilien Pacini)



8. Le lazzarone.
Chansonette de Cabaret.

Au bord des flots d’azur
que le Vésuve au loin couronne,
dormir sous un ciel pur
c’est le bonheur du Lazzarone.
A d’autres les ennuis,
le vain prestige de la Gloire,
dans ce divin pays
il vaut bien mieux manger et boir.

Doux ciel napolitain,
que le zéphyr caresse,
chez toi quel beau destin:
l’amour, la joie et la paresse.
Pour tous quel beau destin
se divertir soir et matin.

Aux chants des barcarolles
mêlons les farandoles,
baisers, amours frivoles,
charmez ce doux loisir.
Nos curs n’ont plus qu’un seul désir:
à nous toujours le vrai plaisir.
Naples, Naples, Naples, Naples,
il faut te chérir,
Naples, Naples, Naples, Naples,
te voir, te voir, te voir et mourir.

Zampognes et pipeaux
courons danser sous la tonnelle,
et rire aux gais propos
de notre ami Polichinelle.
A nous l’amour, le jeu
et la gaieté que Dieu nous donne,
et puis faisons un vu
à Saint Janvier, à la Madone.

Dans ce climat béni
la vie est une fête,
qu'un fin macaroni,
festin des Dieux, pour nous s'apprête.
Dans ce climat béni
honneur au fin macaroni.
(parlé, en se léchant les lèvres)
Oh jus! oh fromage climat béni,
oh tomates! o macaroni! climat béni.

Aux chants des barcarolles
mêlons les farandoles, etc.

(Émilien Pacini)



9. Adieux à la vie! Élégie (sur une seule note)

Salut! Dernière aurore
Qui vient pour moi d'éclore!
Lui que mon cur adore
Il veut partir... je meurs.

Cruel! Vois mes douleurs!
Céde à mes pleurs!
Toi que j’implore,
Vois mon tourment mortel.
T’aimer, c’était la vie
Qui m’est par toi ravie.
Ton cur ingrat m’oublie,
La mort est mon seul vu.

Au jour je dis adieu,
Amis, ma mère, adieu!
Son cur ingrat m’oublie;
La mort est mon seul vu.

Amis, ma mère, adieu!
T’aimer, c’était la vie
Reprenez-la, mon Dieu!
Terre! adieu! Ma mère, adieu!!

(Émilien Pacini)



10. Soupirs et sourire (Nocturne)

Soprano
Dans le sentier des roses,
Loin des soucis moroses,
Dès l’aube à peine éclose,
J’aime à cueillir gaiement les fleurs.

Ténor
Et moi, l’amour m’inspire
Le plus brûlant délire.
Cruelle, j’expire!
En proie à mon martyre,
Pouvez-vous rire de mes douleurs?

Soprano
La plainte qui soupire,
Ne saurait me séduire,
La vie est un sourire
Dont la gaieté bannit les pleurs.

Ténor
Hélas, pour ma souffrance
Un seul regard plus doux.
Faut-il sans espérance
Languir à vos genoux?

Soprano
De mon indifférence pour vous,
Pleurez à mes genoux:
Tous vos tourments me sont si doux,
Oui, mon indifférence
Rit de votre souffrance,
Amants sans espérance,
Tombez tous à genoux.
Sans peine, je vous enchaîne
Je vous enchaîne à mes genoux.
D’un amoureux qui chante
Dans sa langueur touchante,
L’aveu me rend méchante,
Et l’on me fait en vain la cour.
Mais que d’une parole
La gaieté vive et folle,
Sémillante et frivole,
Comme un zéphiyr s’envole,
Soudain mon cur comprend l’amour,
Mon cur ainsi comprend l’amour.

Ténor
Ingrate, méchante,
Entends l’amant qui chant,
Dans sa langueur touchante,
Et qui gémit la nuit, le jour
Qu’un mot d’espoir console
Ce coeur qui se désole,
Sinon pour toi je meurs d’amour.

(Émilien Pacini)



11. L’Orpheline du Tyrol. Ballade élégie.


Seule, une pauvre enfant sans parents
implore le passant en tremblant.
„Ah voyez mes douleurs et mes pleurs!
Ma mère dort ailleurs sous les fleurs.“

L’humble enfant orpheline a bien faim
et pour un peu de pain tend la main.
„Je chanterai mon vieux refrain:
Ah, loin de la mon doux Tyrol,
mon cœur brisé prendra son vol.

L’écho muet des bois
n’entendra plus ma triste voix:
Dieu, j’espère en toi,
prends pitié, prends pitié de moi!

Ma mère, ton adieu en ce lieu
m’inspire mon seul vœu au bon Dieu.
A quinze ans tant souffrir c’est mourir,
ne peux-tu revenir me bénir?

Pourquoi le froid trépas et le glas
t’ont ils saisie, hélas, dans mes bras?
Ton cœur glacé ne m’entend pas:
ah, la douleur et la faim
à mes tourments von mettre fin;
ma mère, je te vois,
j’entends de loin ta douce voix:
Ah Dieu, j’espère en toi,
prend pitié, prends pitié de moi!

(Émilien Pacini)



12. Ch
œur de chasseurs démocrates

En chasse, amis en chasse!
Du cerf suivons la trace;
D’un temps heureux qui passe,
Chasseurs profite encore.
Piqueur, limiers, alerte!
Fêtons la chasse ouverte.
Que la forêt déserte
S’enveille aux sons du cor.
Suivons encor le sons du cor.

Sonnez, sonnez fanfares,
Signal d’espoir et de plaisir,
Quand la victoire est là qui se prépare,
Par le succès bientôt couronnons nos désir!

Forçons le cerf rapide,
Forçons le daim timide;
Gloire et bonheur
Au bon veneur.

Tayaut! tayaut!
Entrons sous bois,
La meute est là.
Guettons la voix!
Déjà le cerf est aux abois
Et l’hallali sera le prix de nos exploits.
Au bois! Au bois!

En chasse, amis en chasse!...
...Le sons du cor.

Du sanglier, du vieux renard,
Bons chiens trompez la feinte.
En quête et sans retard
Sonnons la vue et le départ.

Courons, amis, dans les halliers.
Dans les vallons et dans la plaine,
Et pour traquer tous les gibiers,
Le fier galop de nos coursiers,
Galop ardent qui nous entraîne,
Vaillants coursiers, courez hors des sentiers.

Déjà la nuit discrète
Succède au jour de fête.
On sonne la retraite,
Adieu jusqu’au revoir.
Entendez-vous?
C’est la retraite, amis,
Adieu jusqu’au revoir.
Bonsoir, chasseur, bonsoir.
Amis, le cerf est pris!

(Émilien Pacini)

 


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DRG, 8. Mai 2002